11.11.2006

1 an

 medium_week16.gifVoila bientôt un an que le 12 a disparu et a été remplacé par les 118. Mais les 118 ont moins de succès que le 12.

L'ARCEP, qui a initié les 118, a annoncé que ces numéros ont enregistré 27% d'appels journaliers en moins par rapport au 12. Le syndicat Sud-PTT dénonce un "véritable effondrement du service de renseignement" et constate que près de la moitié des opérateurs de renseignement ont fermé boutique (comme le 118 818 d'Iliad-Free). Le syndicat constate que "les appels au 12 se perdent et ne sont pas récupérés".

Devant la multitude de 118, les anciens utilisateurs du 12 se perdent un peu. De plus, les numéros 118 mis en avant par les opérateurs (118 218 de Le Numero, 118 712 de France Telecom-Orange, 118 008 de Pages Jaunes,...) sont souvent leurs numéros premium coûtant plus cher que le 12 mais avec des services supplémentaires que peu de personnes utilisent. Alors que ces mêmes opérateurs peuvent proposer les mêmes services pour des prix équivalents ou inférieurs à ceux du 12,  comme le 118 711, qui est le successeur réel du 12, le 118 810 de FT-Orange ou le 118 713 de Le Numero.

Source EchosDunet

02.11.2006

Free contraint à fermer son 118 818

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Mardi 31 octobre 2006, 17h10
Le numéro de renseignements téléphoniques en partie gratuit 118 818, lancé par le fournisseur d'accès internet Free, ne répond plus, contraint, selon lui, par la justice à cesser son activité.

"Une société d'édition d'annuaires exploitant un service de renseignements payant a sollicité judiciairement la fermeture de ce service, nous sommes navrés de ne pouvoir donner suite à votre appel", indique un message automatique lorsque l'on compose le 118 818, confirmant une information des Echos.

La société Allo Bottin, qui édite le numéro 118 007, avait assigné en référé Free et sa maison-mère Iliad, le 29 mai, au sujet du 118 818, "pour fait de concurrence déloyale, et notamment publicité mensongère, et pour violation de l'interdiction des prix abusivement bas pour son service de renseignements téléphoniques".

Interrogé par l'AFP, Allo Bottin a contesté la teneur du message diffusé par Free: "jamais nous n'avons demandé la fermeture du site", a affirmé une porte-parole de l'entreprise, qui est une société commune de l'opérateur téléphonique belge Belgacom et de l'éditeur français d'annuaires Bottin.

Pourtant, selon le jugement, rendu le 15 septembre et dont l'AFP a obtenu copie, Allo Bottin avait bien demandé au tribunal de "faire injonction à la société Free de suspendre l'offre qu'elle propose sur le marché des renseignement téléphoniques, dans les conditions actuelles", mais cette requête a été rejetée.

"Nous avons simplement obtenu gain de cause sur la publicité mensongère et Free a donc été condamné à la cessation immédiate de cette communication mensongère qui disait que le service était gratuit", a expliqué la porte-parole.

Allo Bottin a été débouté par la tribunal sur ses accusations de concurrence déloyale, mais le juge a estimé, comme lui, que le 118 818, contrairement à ce qui était annoncé par Free, n'était pas entièrement gratuit, car ni les appels depuis un mobile ni la recherche inversée n'étaient gratuits, par exemple.

"On ne peut pas imputer à cette condamnation l'arrêt stratégique de ce service, décidé par Free", a insisté la porte-parole d'Allo Bottin, précisant que Free, qui avait un mois pour faire appel à partir de la notification de sa condamnation, le 27 septembre, n'a entamé aucun recours.

Free a été condamné à payer 7.000 euros de dédommagement à Allo Bottin.

Contacté par l'AFP, Free n'a pas souhaité faire de commentaires.

Iliad avait lancé le 1er avril le 118 818, numéro de renseignements téléphoniques où l'appel, la recherche de numéros et la mise en relation sont gratuites d'une ligne fixe ou d'une Freebox (téléphonie internet chez Free), alors que la plupart de ces services sont payants chez les autres 118.

Il reste donc vingt-six numéros de renseignements téléphoniques en 118 en activité, à la suite de la désactivation, le 3 avril, du 12, numéro historique des renseignements téléphoniques.

 

11.10.2006

118, numéros en détresse

Mauvais karma pour les 118. Six mois après la mort du 12 ­ feu le service universel des renseignements ­, les 118 qui ont pris sa relève comptent leurs disparus. Sur les cinquante-sept numéros sur la ligne de départ, quatre ou cinq 118 seulement se taillent un petit succès. Et une quinzaine sont toujours vivants. Alors que l'ouverture à la concurrence est censée stimuler la demande et encourager l'irruption de nouveaux acteurs, le bilan quelques mois après le lancement en fanfare des nouveaux services est pour le moins mitigé.

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«Décevant». Telegate, l'un des leaders du marché, veut rester optimiste, mais les chiffres sont là : «On est sur une baisse de 30 à 40 % des appels par rapport à l'an dernier», observe Charles Tonlorenzi, le président du 118 000, numéro emblématique de Telegate. Idem chez France Télécom. L'opérateur historique estime entre 150 et 170 millions d'euros le chiffre d'affaires global en 2006, contre 240 en 2005. «Ce n'est pas totalement inattendu, pondère Tonlorenzi, mais c'est tout de même décevant.» Le lancement a-t-il été mal conduit ? «Non», estime-t-il. Mais le public n'a pas suivi. Le 12 avait sans doute trop d'atouts : «C'était simple, et les gens s'imaginaient que c'était gratuit.» Sur les sept numéros en 118 achetés auprès du régulateur des télécoms au moment de la loterie des 118, Telegate en a rendu trois, bientôt quatre. Et il concentre l'essentiel de ses forces sur le seul 118 000. Même stratégie chez Le Numéro, éditeur du 118 218, le premier de la classe. L'opérateur exploite quatre des sept numéros qu'il a achetés, au départ, 40 000 euros chacun.
Il n'y aura, à terme, de la place sur le nouveau marché des renseignements que pour quelques acteurs, et on les connaît déjà. Le hit-parade officieux place en tête le 118 218, dit encore le «toutouyoutou», avec 40 à 45 % du marché, suivi du 118 712 (France Télécom) et du 118 000 (Telegate) à égalité avec 15 à 20 %, puis le service lancé par Pages jaunes (118 008) qui capte autour de 10 % du marché. Surnagent encore le 118 007 (Allo Bottin), le service gratuit lancé par Free (118 818) et celui supporté par NRJ (118 333).
Promotion. 130 millions d'euros net ont été engloutis dans la pub et le sponsoring ­ soit grosso modo une année de chiffre d'affaires ­, selon les dernières évaluations. Tous les acteurs ne vont pas récupérer leur mise. Pour ses propres numéros, Tonlorenzi a «investi» 20 millions d'euros au premier semestre 2006, et «perdu» autant, très exactement 22,3 millions, d'après le résultat financier du premier semestre. «Normal», pour une activité qui démarre, estime le patron du 118 000. «C'est clair qu'on ne va pas récupérer l'investissement sur une année», lui répond en écho Bruno Massiet du Biest, le géniteur du 118 218, avec «20 à 30 millions d'euros» de dépenses de promotion revendiquées, et hautement satisfait de sa position de leader alors qu'il n'espérait convaincre que 30 % des utilisateurs.
Quand il compare la France à la Grande-Bretagne, le patron de Le Numéro, filiale du spécialiste du renseignement britannique, The Number, est résolument optimiste : «Là-bas, quand ils ont ouvert le marché, les appels ont reculé de plus de 40 %.» Et même 50 %, évalue Telegate, son concurrent.
«Grand gagnant». La surenchère des spots aux heures de grande écoute a perturbé le public, mais ce n'est pas la seule explication. Le patron de Le Numéro pointe l'usage de plus en plus soutenu de l'Internet pour dénicher un plombier ou une auto-école. Compensé, par bonheur, par des appels croissants vers les 118 depuis les mobiles. Tonlorenzi, lui, se console en remarquant qu'une des vertus du lancement des 118 est «d'avoir fait prendre conscience au consommateur que le 118 a un coût, et que c'est un service qu'il est normal de facturer». L'UFC - Que choisir, toujours critique envers la libéralisation du marché, s'apprête à tester les 118. Seul commentaire pour l'heure sur le rapport coûts-bénéfices de l'ouverture du secteur : «S'il y a un grand gagnant pour l'instant, c'est bien le marché publicitaire !» 

Source liberation.fr

Par Catherine MAUSSION
QUOTIDIEN : Mardi 26 septembre 2006 - 06:00